Climat : le réchauffement se paye maintenant

Le changement climatique n’est pas lointain, ni dans le temps, ni dans l’espace. Ses conséquences se font sentir dès aujourd’hui, y compris en Europe.

Inondations ou canicules… les événements se répètent

Décembre et janvier ont battu des records de pluies depuis 1959, date à laquelle on a commencé à s’intéresser à la pluviométrie. Les affluents de la Seine qui débordent, Paris les pieds dans l’eau… Ces images rappellent celles de 2016, ou même de 2015, à Nice, quand 6 mois de pluie sont tombés en 2 heures. Le nord de l’Angleterre a été submergé 2 mois plus tard. Le rythme des inondations s’est-il accéléré ? Les climatologues n’aiment pas tirer des conclusions sur une période aussi courte que quelques dizaines d’années. Cependant, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui est chargé d’évaluer la littérature scientifique sur le sujet, ne laisse planer que très peu de doutes. Dans son rapport paru en 2014, il reconnait que les épisodes de fortes précipitations ont probablement augmenté du fait de l’activité humaine. Les chercheurs sont aujourd’hui capables de déterminer si un événement se serait produit avec ou sans changement climatique. En 2015, une étude suisse a démontré que le réchauffement actuel, de 0,85 °C, est déjà responsable de 18% des épisodes de pluies diluviennes, et de 75% des vagues de chaleur. Un renforcement de l’intensité et de la durée des sécheresses au niveau mondial a aussi été observé. Du côté de l’océan, les océanographes ont mesuré une hausse du niveau de la mer de 10 cm depuis 50 ans. De grandes villes européennes sont déjà contraintes d’investir plusieurs milliards d’euros pour se protéger de la montée des eaux, comme Venise, Londres ou Barcelone. L’agence de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) rappelle que les populations les plus touchées par le réchauffement climatique sont celles des pays du sud. Entre 35 et 122 millions de personnes supplémentaires pourraient plonger dans l’extrême pauvreté d’ici 15 ans. Les réfugiés climatiques constituent d’ores et déjà le plus gros contingent de réfugiés dans le monde.

Du pot d’échappement au cycle de l’eau

Le réchauffement climatique est aujourd’hui certifié par la communauté scientifique, sur la base de milliers d’études. Les transports, le chauffage, l’agriculture… les activités humaines produisent des gaz à effet de serre (GES) qui augmentent la température moyenne de la planète. La quantité de CO2 a par exemple augmenté de 40% depuis le Moyen Âge. En France, ce sont les transports qui en produisent le plus. Les mécanismes qui unissent le réchauffement et les événements climatiques sont complexes, car il faut aussi prendre en compte les variations naturelles du climat, observables sur des milliers d’années. Les climatologues reconnaissent cependant que le cycle de l’eau sur terre a été modifié par les émissions des activités humaines. Le réchauffement des océans, ainsi que de l’air en surface, favorise l’évaporation et une augmentation des précipitations dans certaines régions du globe. Au-delà de l’eau, le chercheur Stefan Rahmstorf a montré que les rejets de gaz à effet de serre ont aussi affecté le déplacement des masses d’air. Ces dernières stationnent davantage dans notre atmosphère réchauffée, provoquant des blocages météorologiques, comme des épisodes de pluies, de sècheresse ou de canicule qui n’en finissent plus.

Non, ce n’est pas la faute du soleil

Différentes théories circulent sur Internet pour contester le réchauffement climatique. Certaines sont même relayées par des personnalités de premier plan, en particulier aux États-Unis. La plus populaire est celle des variations de l’activité solaire. Selon ses tenants, les fluctuations de notre astre expliqueraient en réalité le réchauffement actuel, qui ne serait donc pas dû à l’activité humaine. Cette piste a été largement étudiée, puis invalidée. En 1991, deux scientifiques danois ont publié des travaux montrant une corrélation entre le soleil et le réchauffement des températures. En 2000 et 2003, un autre physicien de l’université technique du Danemark a repris ces calculs et ces études. Il s’est aperçu que les chiffres avaient été manipulés, et que les corrélations disparaissaient lorsque l’on corrigeait les données.

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