Y a-t-il eu collusion entre les Russes et Donald Trump ?

L’enquête qui éclabousse le président américain dure depuis 1 an, mais ce dernier épisode pourrait bien être le plus important. Brrrrr.

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Pour la première fois, des proches du président sont mis en examen

Lundi 30 octobre, trois hommes ont donc été mis en examen. Parmi eux on trouve un certain George Papadopoulos, ancien conseiller de seconde zone, chargé des questions de politique étrangère au sein de l’équipe de campagne de Donald Trump. Papadopoulos a reconnu avoir menti aux enquêteurs sur ses contacts avec des intermédiaires du gouvernement russe, et ce pendant la campagne présidentielle. Pour sauver les meubles, il a accepté de se transformer en informateur pour les autorités américaines. Qu’a-t-il vu et entendu ? Que va-t-il raconter ? Les deux autres hommes inculpés sont l’ancien directeur de campagne de Trump, Paul Manafort, et son associé Richard Gates. Ils sont surtout accusés de fraude et de blanchiment d’argent. Des contacts douteux avec l’ex-président ukrainien pro-russe, Victor Ianoukovitch, ont bien été révélés, mais ils semblent dater de bien avant l’élection. Peu de liens avec l’affaire, à première vue… sauf s’ils collaborent pour réduire leur peine, eux aussi, et se mettent à parler. En attendant, la porte-parole de la Maison Blanche affirme que ces trois mises en examen ne concernent en rien la présidence.

 

Ce sont les premières vraies preuves contre lui

Dès la campagne présidentielle, les agences du renseignement américain ont accusé la Russie de chercher à influencer le vote. Propagande sur les réseaux sociaux, fausses informations et publication d’e-mails embarrassants : tout un dispositif de manipulation a été mis en œuvre pour discréditer Hillary Clinton au profit de son adversaire, plus proche des intérêts de Vladimir Poutine. La Russie nie en bloc. Au bout de quelques mois, c’est plus grave, les enquêteurs commencent à se demander si Donald Trump n’aurait pas participé à toute cette opération. D’abord menée par le FBI, puis par le procureur spécial Robert Mueller, l’enquête a déjà causé quelques sueurs froides au président milliardaire. En janvier, un mystérieux rapport, attribué à un ancien membre des services secrets britanniques, semble apporter toutes les preuves… mais elles sont invérifiables. Que dire des e-mails et de la rencontre entre le fils de Donald Trump (judicieusement appelé « Donald Trump Junior ») et une avocate russe, qui lui promettait des informations contre la candidate démocrate ? « Un échange sans suite »… Avec Georges Papadopoulos, c’est bien la première fois qu’un lien est prouvé entre l’équipe de campagne de Trump et les autorités russes.

 

Donald Trump peut-il être destitué ?

Cet été, l’élu démocrate Al Green a proposé une résolution dans ce sens à la Chambre des représentants. Son effet a surtout été symbolique. Pour qu’un président soit éjecté de son siège, il faut respecter deux étapes : voter l’impeachment (la demande de destitution) à la Chambre des représentants, puis faire approuver la résolution au Sénat, à la majorité des 2/3. Donald Trump reste populaire auprès de son électorat. Les députés républicains, majoritaires, oseront difficilement perdre le soutien de leurs électeurs en votant la destitution du président. Mais les républicains traditionnels n’aiment pas non plus les Russes. Ils pourraient donc sauter le pas, s’il était prouvé sans la moindre doute que Donald Trump a manipulé l’élection présidentielle main dans la main avec la Russie. Aucun président américain n’a encore jamais été destitué, mais il faut un début à tout…

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