Que signifie la suppression des contrats aidés ?

Le gouvernement réduit de manière drastique le nombre de ces emplois payés en partie par l’État. Or, nombre d’associations, d’entreprises ou de collectivités locales comptaient sur eux (oups).

Qu’est-ce qu’un contrat aidé, au juste ?

Le contrat aidé est un contrat de travail dans lequel l’État prend un charge une partie du salaire, jusqu’à 75% à 90% du SMIC. Il est destiné aux personnes en difficulté avec le monde du travail, en particulier les chômeurs de longue durée et les jeunes sans formation. Il peut s’agir, par exemple, d’un emploi dans une association ou une entreprise qui démarre. Les contrats aidés sont faits pour se réinsérer socialement et acquérir une formation sur le terrain, le tout à moindre coût pour des structures qui ont peu de moyens. Plusieurs variantes ont vu le jour depuis une quarantaine d’années. Les plus courants sont les contrats uniques d’insertion (CUI). Ils se déclinent en 2 versions, selon l’employeur. Dans le secteur « non-marchand », comme les associations ou les collectivités locales, il s’agit du contrat d’accompagnement dans l’emploi (CAE). Dans le secteur « marchand », comme les petites et moyennes entreprises, il prend la forme du contrat initiative emploi  (CIE).

Pourquoi sont-ils dans le collimateur du gouvernement  ?

Le gouvernement estime que ces contrats sont précaires, qu’ils coûtent cher à l’État et aboutissent trop rarement à un vrai travail sur le long terme. La Dares, le service qui réalise des études pour le ministère du Travail, explique que seuls un quart des contrats aidés dans le secteur non-marchand (les plus nombreux) débouchent sur un emploi stable. Dans le secteur marchand, ils sont environ 60%. La Dares souligne aussi un « effet d’aubaine », c’est à dire une pure tricherie : 63% des contrats aidés auraient été signés dans le but d’économiser de l’argent, alors que l’embauche était prévue même sans l’aide de l’État.

Quels emplois risquent d’être supprimés  ?

Il y avait 460 000 emplois aidés en 2016, 310 000 en 2017, et l’objectif du gouvernement est de ne pas dépasser les 200 000 en 2018. Pour y parvenir, l’attribution de contrats aidés destinés aux entreprises a déjà été stoppée. Beaucoup n’ont pas été renouvelés dans le milieu associatif ou les collectivités locales, de manière parfois brutale. Seuls sont maintenus les contrats qui concernent l’accompagnement d’enfants handicapés, l’urgence sanitaire et sociale (comme l’aide alimentaire des Restos du Coeur), ou l’Outre-Mer. Les services à la personne et à la collectivité sont les plus touchés. Concrètement, il s’agit d’aides-cuisiniers dans les cantines scolaires, d’aides-maternelles, de surveillants ou d’animateurs dans des centres sportifs.

Quelles sont les solutions pour ceux qui en bénéficiaient ?

Peu de choses, dans l’immédiat. Le gouvernement répond en investissant massivement dans la formation, mais c’est une politique de long terme dont les résultats n’apparaîtront pas tout de suite. En attendant, certains jeunes se verront proposer l’alternance, et des contrats aidés pourront être transformés en mission de service civique… payée au RSA. Beaucoup des personnes ayant bénéficié d’un contrat aidé risquent de retourner au chômage si la structure qui les accueille n’est pas en mesure de financer leur emploi. Trouver des solutions à ce vide, c’est la mission qui a été confiée par le gouvernement à Jean-Marc Borello, le fondateur de Groupe SOS, spécialisé dans l’action sociale, et proche d’Emmanuel Macron. Il doit présenter ses propositions à la fin du mois de décembre.

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